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Un autre regard sur la Terre

Espace, satellites, observation de la Terre, fusées et lancements, astronomie, sciences et techniques, etc. A l 'école ou ailleurs, des images pour les curieux...

L’incendie de la forêt de Fontainebleau vu par le satellite européen Sentinel-2B

Publié le 13 Juillet 2026 par Gédéon in Catastrophes-et-risques-naturels, Image-d'actualité-Images-de-la-semaine, Changement-climatique, Copernicus-GMES

Le département de Seine-et-Marne fait face à plusieurs incendies depuis le déclenchement de la vigilance rouge canicule samedi 11 juillet. Le feu qui touche la forêt de Fontainebleau depuis le dimanche 12 juillet, dans les secteurs de Noisy-sur-Ecole et du Vaudoué au sud-ouest de Fontainebleau, a une ampleur exceptionnelle.

Laurent Nuñez, le ministre de l’intérieur, a déclaré lundi en fin de journée que les flammes avaient déjà parcouru 1300 hectares. Cela représente plus de 5% des 22000 hectares du massif forestier le plus emblématique de la région parisienne.

 

Incendie - Fontainebleau - Vaudoué - Noisy-sur-Ecole - Satellite - Sentinel-2 - Wild fire - Copernicus - feu de forêt - Juillet 2026 - Pompiers - sécurité civile - Seine-et-Marne

En région parisienne, l’incendie de la forêt de Fontainebleau vu par le satellite Sentinel-2B.
Image acquise le 13 juillet 2026 à 10h46 UTC. Composition colorée combinant les canaux visibles,
proche infrarouge et infrarouge à courte longueur d’onde (adapté d’un script de Pierre Markuse).
Crédit image : Copernicus / Union européenne

 

Le pire incendie jamais enregistré dans la forêt de Fontainebleau

Il s’agirait donc du pire incendie jamais enregistré dans la forêt de Fontainebleau, après ceux de 1921 (762 hectares) et de 1945 (825 hectares), selon les archives de l’ONF. C’est la première fois que des avions Canadair sont déployés aussi près de la ville de Paris. Les bombardiers d’eau font le plein dans la Seine.

Sentinel-2B, un des satellites européens du programme Copernicus, a survolé la région parisienne en milieu de journée le 13 juillet et acquis une image qui illustre l’ampleur de la catastrophe.

 

Plusieurs départs de feu

Plusieurs départs de feu simultanés ayant été identifiés dans un périmètre relativement réduit le long d’une route, il est fort probable qu’il s’agisse d’un incendie volontaire.

En fin de journée, 800 pompiers tentaient toujours de limiter la progression des flammes. Leur travail a malheureusement été compliqué par le déclenchement d’un deuxième foyer lundi 13 en début d’après-midi à l’est du foyer principal, dans le secteur de la Faisanderie, tout près de fontainebleau. Ce second foyer n’est pas visible au moment où le satellite Sentinel-2B survole la forêt de Fontainebleau.

Deux avions bombardiers d’eau supplémentaires sont attendues pour renforcer les moyens de lutte contre l’incendie, comprenant également deux avions Dash et trois hélicoptères de la protection civile.

 

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L’incendie de la forêt de Fontainebleau vu par le satellite Sentinel-2B. Image acquise
le 13 juillet 2026 à 10h46 UTC. Image en couleurs naturelles illustrant la sécheresse des parcelles agricoles
en périphérie de la forêt. Crédit image : Copernicus / Union européenne

 

Température élevée, humidité très faible, vents entre 30 et 50 km/h : si on ajoute des sols sableux, qui ne retiennent pas l’eau, et des fougères très sèches au pied des résineux, tous les ingrédients sont réunis pour un développement rapide du feu, rendant la tâche des pompiers très difficile.

Une autre composition colorée de la même image du satellite Sentinel-2 met bien en évidence les zones parcourues par les flammes. Elle utilise les propriétés du canal proche infrarouge très sensible à la concentration en chlorophylle.

 

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L’incendie de la forêt de Fontainebleau vu par le satellite Sentinel-2B. Image acquise le 13 juillet 2026
à 10h46 UTC. Une autre composition colorée de la même image utilisant le canal proche infrarouge
mettant en évidence les zones brûlées. Crédit image : Copernicus / Union européenne

 

Soleil radieux, avenir radieux ?

Les épisodes de canicule successifs et la sécheresse qui touchent une bonne partie du pays entraînent une augmentation importante du risque incendie en France. Depuis le début du mois de juillet, plusieurs feux précoces ont pris des proportions importantes et font craindre une saison 2026 très difficile.

Alors que nous étions habitués à voir les incendies les plus importants dans les régions méditerranéennes, une des conséquences du changement climatique, de plus en plus évidente depuis les incendies catastrophiques de l’été 2022, est que plus aucune région n'est désormais à l’abri des grands feux.

Selon les statistiques du portail européen EFFIS (European Forest Fire Information System), entre le début du mois de janvier et le 8 juillet 2026, plus de 39000 hectares avaient été ravagés par les flammes en France, plus de 4 fois plus que la moyenne sur la période 2006-2025. Ici aussi, chaque année amène malheureusement un nouveau record...

 

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Evolution des surfaces brûlées en France depuis janvier 2026 et comparaison à la moyenne sur la
période 2006-2025. A gauche, cumul des surfaces brûlées. A droite, surface brûlée par semaine.
Crédit image : EFFIS / Union européenne

 

S’adapter a un nouveau climat : pas seulement…

Notre maison brûle, de plus en plus souvent… Est-ce que cela suffira à nous faire regarder la réalité de l’évolution dramatique du climat en face ?

On parle beaucoup d’adaptation à un nouveau climat en période de canicule. Mais s’adapter ne suffira pas.

Pour le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), nos sociétés ont deux moyens d’action face au changement climatique : l’atténuation et l’adaptation.

L’atténuation est « l’intervention humaine pour réduire les sources ou augmenter le stockage de gaz à effet de serre ». Elle correspond donc aux actions sur les causes du changement climatique. L’adaptation vise donc à gérer les effets du changement climatique et ses conséquences.

Traiter les conséquences sans traiter les causes ? Ce n’est pas l’idée du siècle… Il nous faut agir beaucoup plus vigoureusement sur l’atténuation. Ce n’est évidemment pas la partie la plus simple mais elle est impérative.

 

En savoir plus :

 

 

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