Overblog Tous les blogs Top blogs Technologie & Science Tous les blogs Technologie & Science
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Un autre regard sur la Terre

Espace, satellites, observation de la Terre, fusées et lancements, astronomie, sciences et techniques, etc. A l 'école ou ailleurs, des images pour les curieux...

60ème anniversaire du lancement d’Astérix : rencontre avec Pierre Quétard, un des pères du premier satellite français

Publié le 29 Décembre 2025 par Gédéon in Rétroviseur-un-peu-d'histoire, Satellites-et-lancements

Né un 26 novembre

Je suis né un 26 novembre, en 1962.

26/11/62, une date palindrome et c’est donc l'occasion de revenir un peu sur ses pas ou jeter un œil dans le rétroviseur, en particulier quand l’âge de la retraite approche...

Cette année, je pense particulièrement à un autre 26 novembre, le 26 novembre 1965 : il y a 60 ans, la France devenait la 3ème puissance spatiale en mettant en orbite, par ses propres moyens de lancement, le satellite A1, alias Astérix.

Il y a tout juste un mois, cet anniversaire historique est passé relativement inaperçu, sauf au sein de la communauté des passionnés d’espace, malgré un regain d’intérêt en France et en Europe pour les questions d’autonomie et d’indépendance, pour tous les domaines touchant à la souveraineté et notamment pour le secteur spatial.

 

Diamant - Astérix - A1 - Premier satellite français - France puissance spatiale - Hammaguir - Team Diamant - Rocketry France - 60 ans - anniversaire - SEREB - Matra - Pierre Quétard

60 années et une différence de taille séparent ces deux lancements...
A gauche, le 26 novembre 1965, lancement du premier satellite français A1, alias Astérix, par une fusée Diamant.
Crédit image : CIEES / ECPA. A droite, le 26 novembre 2025, lancement d’une réplique en modèle réduit
de la fusée Diamant au camp de Ger. Crédit image : Rocketry France / Team Diamant

 

Après le tour de Gaule, Astérix fait le tour de la Terre

J’ai déjà parlé de cet événement marquant à plusieurs reprises sur le blog Un autre Regard sur la Terre, par exemple à l’occasion d’une manifestation organisée à la Cité de l’espace pour le cinquantième anniversaire du premier satellite français ou d’un article sur les débuts du CNES et la création du CST.

Je ne vais pas revenir cette année sur les coulisses très riches de cette satellisation : la genèse du programme et l’héritage des fusées-sondes françaises, la proximité avec le travail sur la dissuasion nucléaire, le lien avec l’élection présidentielle de 1965, le 5 et le 19 décembre, qui aboutit à la réélection de Charles de Gaulle pour un second mandat, ou encore la rivalité entre le tout jeune CNES et la Délégation Ministérielle pour l’Armement (DMA) finalement choisie pour la maîtrise d’œuvre du premier satellite français, A1 pour Armée-1, et du lanceur Diamant, avec les sociétés industrielles SEREB et Matra. L’enjeu est d’abord de tenir le calendrier et les échéances politiques, avant de se lancer dans le développement plus complexe d’une charge utile scientifique.

 

Diamant - Astérix - A1 - Premier satellite français - France puissance spatiale - Hammaguir - CAEPE - Saint-Médard-en-Jalles - 60 ans - anniversaire - SEREB - Matra - Pierre Quétard - DMA - DGA - CIEES - Premier satellite français - Puissance spatiale

Essais d’intégration sur le lanceur Diamant du satellite « Astérix » A1. Crédit image : ECPA / CAEPE

 

On ne peut pas Kepler à tout le monde…

Cette rivalité a parfois amené quelques personnes au CNES à dire qu’une capsule technologique ne pouvait pas être considérée comme un vrai satellite. Avec le recul, tout le monde considère maintenant que ces premiers tours de la Terre au-dessus de l’atmosphère, même sans charge utile, étaient un symbole fort de souveraineté et d’autonomie, deux mots qui sont à nouveau à la mode dans le spatial français et européen.

Pour en savoir plus sur l’aventure Astérix, je vous recommande les références recensées à la fin de cet article et notamment l’article récent de l’historien Philippe Varnoteaux paru dans le journal Air & Cosmos ou les interviews vidéo réalisées en 2015 à la Cité de l’espace à l’occasion du cinquantième anniversaire.

Je préfère parler aujourd’hui d’un des artisans du succès de la mise en orbite du satellite Astérix : Pierre Quétard. Ma rencontre avec lui a joué un rôle important pour transformer une passion en un métier.

 

Pierre Quétard - Lauréat du prix de l'AACE - 2015 - Matra - Amis de la Cité de l'espace - Toulouse - Georges Estibal - Michel Bouffard - Diamant - Astérix

Remise du grand prix des Amis de la Cité de l’espace à Pierre Quétard en décembre 2015.
Cérémonie organisée à l’occasion de la célébration du 50ème anniversaire du lancement d’Astérix.
Crédit image : Gédéon

 

Rendez-vous spécial

Il y a des rencontres qu’on n’oublie pas et dont on prend conscience de l’importance avec le temps qui passe. Je mesure avec le recul combien ma rencontre avec Pierre Quétard a marqué ma vie et ma trajectoire.

A priori, nos orbites n’étaient pourtant pas destinées à se croiser.

Comment cette rencontre a-t-elle-pu se concrétiser ? Est-ce lié à une même passion pour l’espace et par la conviction que susciter l’intérêt du public et des jeunes en particulier pour les sciences et techniques est un enjeu qui mérite d’y consacrer un peu de temps ?

Je m’intéresse plus à l’astronomie qu’à l’astrologie mais est-ce que ma date de naissance a pu être un signe favorable à cette rencontre : tout le monde sait les personnes nées sous le signe du Sagittaire ont l’esprit scientifique… 😊

 

D’Hammaguir à Kourou, en passant par la Courtine…

J’ai croisé pour la première fois Pierre Quétard en 1977 et en 1978 sur le terrain militaire de la Courtine dans la Creuse à l’occasion des campagnes de lancement de fusées expérimentales organisées par l’Association Nationale Sciences Techniques Jeunesse (ANSTJ, aujourd’hui Planète Sciences). J’étais alors jeune participant à des séjours de vacances organisés par l’association et je construisais mes premières fusées.

La première fusée Ariane n’avait pas effectué son vol inaugural et le film « Variations sur un Diamant », en 16 mm, avait beaucoup de succès auprès des jeunes space geeks de l’époque qui rêvaient d’imiter les « pros ».

 

Pierre Quétard - Jean-Claude Guiraudon - La Courtine - fusées expérimentales - clubs aérospatiaux - ANCS - ANSTJ - Lancement

Pierre Quétard et Jean-Claude Guiraudon, un des fondateurs de l'ANSTJ pendant une campagne de lancements
de fusées expérimentales à la Courtine organisées par le CNES et l’ANSTJ. Crédit image : Jacques Bouvier

 

Les premiers diamants africains

Nous savions tous que Pierre Quétard était un des pères du premier satellite français, A1, alias « Astérix », mis en orbite avec succès depuis Centre interarmées d'essais d'engins spéciaux (CIEES) à Hammaguir. Le Président de l’ANSTJ, qui venait assister aux lancements de fusées construites par de jeunes amateurs et prenait le temps de visiter la grande salle d’intégration, m’impressionnait beaucoup…

 

De Matra à l’ANSTJ pour Pierre Quétard, de l’ANSTJ à Matra pour moi

Au début des années 80, en m’impliquant davantage en tant que bénévole dans les activités de l’ANSTJ, j’ai eu l’occasion de rencontrer de plus en plus régulièrement Pierre Quétard, par exemple quand mon club fusée, installé à Nancy, a eu l’honneur de recevoir un des prix GIFAS en 1981 puis en devenant moi-même administrateur de l’ANSTJ. Pierre me demandait régulièrement des nouvelles de mon parcours de lycéen puis d’élève-ingénieur et enfin jeune ingénieur chez Matra Espace à Vélizy.

Infatigable ambassadeur du travail d’équipe et des méthodes de travail inspirées du spatial, il avait évidemment toujours de conseils avisés à donner à un futur ingénieur et c’était passionnant de découvrir des facettes du métier que l’école n’abordait pas du tout.

 

Pierre Quétard - Matra - Bourget - Michel Bignier - ANSTJ
Pierre Quétard - Matra - Bourget - Michel Bignier - ANSTJ - Jean-Claude Guiraudon - Marcel Lebaron - Evgueni Khrounov

Rencontres au sommet pendant les salons du Bourget, en particulier pour faire découvrir les activités
des clubs espace de jeunes. En haut, Pierre Quétard avec Michel Bignier. En bas, discussion avec le
cosmonaute soviétique Evgueni Khrounov. Sont également présents Jean-Claude Guiraudon (ANSTJ) au centre
et Marcel Lebaron, premier responsable des activités jeunesse au CNES, à droite.
Crédit image : Jacques Bouvier

 

Au moment de mon installation à Toulouse en 1997, il m’a aussi poussé à créer et développer la délégation régionale de l’ANSTJ, en consacrant lui-même beaucoup d’énergie à accompagner sa mise en place et réussir les premiers recrutements. Alors que recruter me semble être une des tâches les plus difficiles, j’ai toujours été impressionné par sa lucidité et sa capacité à « jauger » ses interlocuteurs.

Pierre Quétard est resté Président de l’ANSTJ pendant 31 ans de 1969 à 2000, avant de devenir Président d’honneur. Bien au-delà de l’activité espace, il a imprimé sa marque sur toutes les activités de l’association et c’était vraiment surprenant de voir comment il a réussi une alchimie assez incroyable entre des personnes d’horizons et de profils très différents.

Proposé pour jouer ce rôle de Président par Jean-Luc Lagardère, il a exercé son mandat avec la même passion et le même engagement que tout au long de sa carrière professionnelle. Retour sur le parcours d’un Lagardère boy…

 

Pierre Quétard - Guy Préaux - Festival de l'espace - C'SPACE - Campagne de lancement - Fusées expérimentales - Clubs aérospatiaux - Espace - Bourges
Jean-Claude Guiraudon - Daniel Perrin - Pierre Quétard - ANSTJ - Ris-Orangis - Association Nationale Sciences Techniques Jeunesse - Mille club

En haut, Pierre Quétard, alors Président de l’ANSTJ, et Guy Préaux, son directeur, pendant une campagne
de lancement de fusées expérimentales. Crédit image : Jacques Bouvier. En bas, Pierre Quétard avec
Jean-Claude Guiraudon et Daniel Perrin (alors maire de Ris Orangis) pendant une visite des bureaux de l’ANSTJ.
Crédit photo : Gédéon

 

Du jeune ingénieur au capitaine d’industrie : un itinéraire diversifié dans la galaxie Matra

Né à Paris en décembre 1930, Pierre Quétard passe son certificat d’études primaires à Toulouse. La mention qu’il obtient lui permet déjà d’être reçu dans la salle des illustres. Il obtient son diplôme d'ingénieur de l’École Supérieure d’Électricité de Paris, dite Supélec, en 1953.

Après son service militaire, il entre à la Société des Engins Matra en 1955 et débute comme ingénieur de développement de missiles sol-air, notamment le missile R422 : les responsables de Matra avait bien compris qu’une formation en automatismes serait déterminante dans un domaine où le guidage est aussi important que la propulsion ou les structures. C’est aussi vrai pour le système de basculement de l’étage supérieur de Diamant, un élément essentiel pour la mise en orbite de sa première charge utile.

 

De R422 et R431 à 321 sans air…

Pierre Quétard devient le premier directeur de la Division Espace de Matra à sa création en 1962. Il y restera 10 ans et, sous sa direction, Matra se transformera en un acteur industriel majeur du spatial. Le succès historique du lancement du premier satellite français Astérix alias A1 par la fusée Diamant-1 lui vaut de faire partie, en février 1966, des ingénieurs et techniciens décorés par le Général de Gaulle.

 

Pierre Quétard - Décoration - Cérémonie - Astérix  - Diamant - Premier satellite français - A1 - Elysée - Général de Gaulle - troisième puissance spatiale

En février 1966, cérémonie en l'honneur des artisans de la mise en orbite du premier satellite français.
En haut à gauche, Pierre Quétard décoré par le Général de Gaulle.

En haut à droite, Georges Estibal, un des membres de l'équipe Astérix chez Matra.

 

Il y a aussi des projets qui restent au stade du papier, comme IRIS, un concept de fusée postale récupérable et réutilisable grâce à un rotor à pâles télescopiques ou une fusée météorologique…

 

Matra - Espace - Fusée postale - Lanceur récupérable - Pierre quétard

Le projet de fusée postale réutilisable imaginé par les équipes de Matra.
La réutilisation des fusées n’est pas une idée tout à fait nouvelle… Crédit : Matra

 

Vers d’autres horizons avant une nouvelle orbite

En 1972, après le lancement du premier gros satellite européen d’astronomie stellaire TD-1A, un autre succès structurant pour Matra, Jean-Luc Lagardère, qui met en place une ambitieuse stratégie de diversification, lui confie la direction des activités civiles de Matra. Il y restera également dix ans, avec un portefeuille d’activités très diversifié. A son actif, outre l'informatique et les télécommunications, la mise en service du premier système de transport urbain automatisé, le VAL, que Matra installe à Lille puis à Toulouse.

 

Matra - Matra Espace - Pierre Quétard - Equipes direction - Management - Jean-Luc Lagardère - Astérix - A1 - premier satellite français

Photographies des équipes de direction de Matra et Matra Espace. Crédit image : Matra

 

En 1982, Jaeger et Solex sont rachetés par Matra et Pierre Quétard est nommé Directeur de l'activité Électronique Automobile. Matra se désengage en 1992 au profit de Magneti-Marelli (groupe Fiat). Pour Pierre Quétard, avec son expérience du travail avec les italiens, c’est l’opportunité de revenir à ses premières amours : il est nommé Président d’Europropulsion (filiale commune de SEP et de FIAT) qui développe les accélérateurs à poudre (EAP) d'Ariane 5.

Pierre Quétard prend sa retraite en avril 1995.

Retraite ne veut pas dire retrait : tout en poursuivant son engagement au sein de l’ANSTJ, il s’implique activement dans une autre association qui lui tient beaucoup à cœur : l'Association PIERRE, créée en 1998 par Pierre Davot. Son objectif est de venir en aide aux populations Touaregs francophones du nord du Niger en favorisant leur sédentarisation.

En décembre 2015, l'association des Amis de la Cité de l'espace a décerné son grand prix annuel à Pierre Quétard pour l'ensemble de sa carrière et pour son action en faveur de la diffusion de la culture scientifique technique et industrielle. La soirée de remise des prix s'inscrivait dans le cadre des manifestations organisées à la Cité de l'espace pour le 50ème anniversaire du lancement du premier satellite français.

 

Pierre Quétard - Association PIERRE - Niger
Pierre Quétard - Association PIERRE - Niger

Pierre Quétard pendant un séjour dans un village du Niger dans le cadre de ses activités pour l’association PIERRE.
Crédit image : Association PIERRE

 

Esprit Matra, es-tu là ?

En septembre 1986, j’ai été embauché à Matra Espace à Vélizy comme ingénieur de développement et j’ai rejoint la grande famille des « matraciens », bien longtemps après que Pierre Quétard l’ait quittée.

Dès le début, j’ai eu la chance de travailler sur des projets mettant en œuvre des technologies avancées, où j’ai pu retrouver les grands principes et les méthodes de travail que Pierre Quétard avait inlassablement défendus auprès des clubs de fusées expérimentales et dans toutes les activités de l’ANSTJ : clarté des objectifs ou de la mission, approche système, démarche de projet, travail en équipe, répartition des tâches, délégation de responsabilité et, avant tout, engagement et tenue des objectifs. Avec une conviction forte : les hommes et les femmes sont les clés des succès.

Les projets auxquels j’ai participé chez Matra Espace, parfois éloignés du « core business » (par exemple à plusieurs centaines de mètres sous le niveau de la mer ou autour du circuit de Formule 1 ou un terrain de Tennis), m’ont permis de connaître des situations professionnelles extraordinaires : dans des petites équipes soudées de gens passionnés, audacieux et très engagés, sur des projets que nous maîtrisions en totalité, depuis les premières étapes de conception jusqu’aux essais sur le terrain ou chez les clients, je crois que nous avons connu les mêmes montées d’adrénaline et vécu collectivement les mêmes nuits blanches que les équipes de Pierre Quétard dans la dernière ligne droite avant le lancement d’Astérix.

Avec parfois un « court-circuit hiérarchique total » qui amène à passer sur le grill devant le très grand patron : « vous me garantissez que votre solution va marcher ? »

Qu’il s’agisse de livrer un satellite en orbite, boucler un dossier pour un appel d’offre ou passer une revue ou une étape critique dans un projet complexe, persévérance et engagement de l’équipe pour tenir les objectifs ont toujours fait partie de l’esprit Matra. Avec toujours l’attrait pour les technologies innovantes, parfois une certaine dose d’émulation un peu musclée entre les équipes et, sans aucun doute, un petit grain de folie pour avoir l’audace de relever certains défis : « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ».

Le droit à l’erreur ? Oui : « on n’apprend rien d’un lancement réussi mais quand même, n’en rates pas trop »

Je suis resté près de 40 ans dans la même entreprise, même si elle a beaucoup changé de nom et de taille : Matra Espace, Matra MS2i, Aérospatiale Matra, Astrium, EADS, Airbus Defence and Space… Quand les organisations grossissent et que les projets sont plus complexes, garder l’état d’esprit de la petite équipe soudée en « mode garage » est un vrai défi mais c’est un enjeu essentiel pour attirer et fidéliser les talents. J’ai appris de Pierre Quétard qu’il ne fallait jamais renoncer à le faire, davantage en responsabilisant les hommes et les femmes qu’en construisant organigrammes et procédures.

 

L’engagement bénévole : pourquoi ?

Il y a une question que je me suis longtemps posé : pourquoi Pierre Quétard, dont l’activité professionnelle ne lui laissait beaucoup de temps libre, a-t-il consacré autant d’énergie et d’efforts à développer les activités de l’ANSTJ et, plus généralement, la diffusion de la culture scientifique et technique.

Il y avait certainement un peu de nostalgie de ses premières années dans l’espace : l’ambiance des campagnes de lancements de fusées expérimentales à la Courtine ou au camp du Ruchard lui rappelait certainement de bons souvenirs et l’état d’esprit des équipes et des lancements de fusées-sondes à Colomb-Béchar ou Hammaguir.

Il y a évidemment aussi la conviction qu’intéresser les jeunes aux sciences et techniques est une façon de susciter des vocations et de favoriser l’émergence de futurs talents. A côté de ce volet « utilitaire », dans le contexte du projet éducatif de l’ANSTJ, un second volet est aussi important : former le futur citoyen aux sciences et techniques l’aidera à faire des choix éclairés.

 

Pierre Quétard - Hubert Curien - Prix Joseph Mercier - ANSTJ - CNES - SNPE - GIFAS - 1992 - clubs aérospatiaux - A1 - Astérix
Pierre Quétard - Michel Bignier - Général Robert Aubinière - Prix Joseph Mercier - ANSTJ - CNES - SNPE - GIFAS - 1992 - clubs aérospatiaux - A1 - Astérix
Pierre Quétard - Michel Bignier - Général Robert Aubinière - Hubert Curien - Prix Joseph Mercier - ANSTJ - CNES - SNPE - GIFAS - 1992 - clubs aérospatiaux - A1 - Astérix

Photographies prises pendant le jury et la sélection des lauréats du prix Joseph Mercier en décembre 1992.
En haut, avec Hubert Curien, ancien président du CNES, premier président de l'ESA et ministre de la
Recherche et de la Technologie au moment de cette remise des prix. Au milieu, Pierre Quétard entre
Michel Bignier, ancien secrétaire général du Comité de Recherche Spatiales (1961-1962), ancien directeur
général du CNES et ancien directeur des systèmes de transport spatial de l'Agence Spatial Européenne, et
le Général Robert Aubinière, ancien directeur du Centre interarmées d'essais d'engins spéciaux (CIEES)
de Colomb-Béchar (1957-1960) et premier directeur général du CNES (à partir de février 1962).
En bas, avec Hubert Curien, le Général Robert Aubinière et Michel Bignier. Crédit photo : Jacques Bouvier

 

Engagement et générosité

Je crois aussi que l’engagement de Pierre Quétard, au-delà des activités professionnelles, au profit des autres, à l’ANSTJ ou ailleurs, est en quelque sorte une manière de renvoyer l’ascenseur, après eu avoir la chance de pratiquer un métier passionnant, sans jamais s’ennuyer, et de travailler avec des personnes extraordinaires.

Beaucoup de personnes m’ont aidé à me construire : certains enseignants remarquables que j’ai pu avoir à l’école, au lycée ou en classes préparatoires, mes collègues et managers de Matra Espace, EADS puis Airbus, les membres de clubs espace ou animateurs, salariés et bénévoles de l'ANSTJ puis de Planète Sciences et les équipes du CNES, les associations ou les entreprises partenaires, les clients et institutions pour lesquelles j’ai travaillé.

Mais Pierre Quétard est à part : je mesure l’importance du rôle de mentor qu’il a joué pour moi et je me sens particulièrement débiteur et reconnaissant.

Il me semble aussi évident, à mon tour, d’encourager les jeunes à s’intéresser aux carrières scientifiques et techniques, aux métiers de l’ingénieur et à les accompagner directement et concrètement chaque fois que l’opportunité se présente. Pour cette raison, je continuerai à agir le plus longtemps possible pour favoriser la diffusion de la culture scientifique, technique et industrielle.

Merci Pierre et longue vie au spatial français et européen !

 

Diamant et Astérix : un hommage des clubs de jeunes passionnés

Même si le soixantième anniversaire du lancement d’Astérix n’a pas été largement médiatisé, des groupes de jeunes amateurs ont voulu rendre hommage à cet événement à leur manière. En novembre 2015, le membres du clubs IPSA et les animateurs de Planète Sciences Occitanie avaient construit une microfusée réplique de Diamant et l’avait lancée au pied de la fusée Ariane 5 à la Cité de l’espace à Toulouse.

En 2025, c’est Team-Diamant, une équipe de l’association d’astro-modélisme Rocketry France, qui a voulu rendre un nouvel hommage avec une fusée beaucoup plus grande : après 18 mois d’efforts et au prix d’un gros travail d’équipe, Diamant-1, la réplique de la première fusée Diamant a pris son envol le 26 novembre 2025 au matin depuis le camp militaire de Ger, où a lieu chaque année le C’SPACE, la campagne de lancements de fusées de jeunes, organisée par le CNES et l’association Planète Sciences.

Pesant 46,2 kilogrammes au décollage, la fusée de 5,36 mètres de hauteur et de 41 cm de diamètre, équipée d’un moteur Cesaroni PRO98 N1975 Green a atteint une altitude de 1620 mètres avant de redescendre en douceur sous son parachute.

Pour la petite histoire, ce projet a pu être mené à terme grâce à un financement participatif. Les noms de tous ceux qui ont contribué d’une manière ou d’autre autre étaient inscrit sous la coiffe de la fusée. 

 

Diamant-1 - Lancement Camp de Ger - 26 novembre 2025 - anniversaire Astérix - Diamant - 60 ans - CNES - Rocketry France - Team Diamant
26 novembre 2015 - 50 ans premier satellite français - Astérix - A1 - Diamant - réplique microfusée - IPSA - Planète Sciences Occitanie - Cité de l'espace - Toulouse - Ariane 5

En haut : en novembre 2025, lancement de Diamant-1, réplique de la fusée Diamant-A, au camp de Ger.
Crédit image : Team Diamant / Rocketry France.

En bas : en novembre 2015, lancement d’une microfusée réplique du lanceur Diamant au pied d’Ariane 5
à la Cité de l’espace à Toulouse. Crédit image : Gédéon.

 

En savoir plus :

 

 

 

Commenter cet article