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Le feu en Gironde vu par le satellite Sentinel-2B. Extrait d’une image acquise le 26 juillet 2026
à 10h56 UTC. Couleurs naturelles. Crédit image : Copernicus / Union européenne
Le satellite européen Sentinel-2B a pu acquérir une image de l’incendie en Gironde le 26 juillet en début d’après-midi.
Malgré la couverture nuageuse et la fumée, l’image donne une bonne idée de l’ampleur des dégâts à l’ouest de Bordeaux, entre Lacanau, Saumos, Le Temple, Le Porge et Lège-Cap-Ferret.
La bonne résolution de l’image (un pixel représente un carré de 10 mètres de côté au sol), les panaches de fumées permettent de localiser zones de feux actifs. Les feux actifs sont également bien visibles sur une version de la même image utilisant le canal infrarouge à courte longueur d’onde (SWIR).
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Le feu en Gironde vu par le satellite Sentinel-2B. Extrait d’une image acquise le 26 juillet 2026
à 10h56 UTC. Composition colorée utilisant le canal SWIR.
Crédit image : Copernicus / Union européenne
A proximité de Bordeaux, les nuages sont trop denses.
Un incendie d’une gravité inédite
Selon les dernières informations communiquées par la préfète au cours d’un point presse le dimanche 26 juillet à 16h30, la surface brûlée reste estimée à 42000 hectares.
Depuis le début de l’incendie, près de 220 000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 23 communes. Dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26, 55000 personnes ont été évacuées vers les 12 centres d’accueil actuellement ouverts dans 9 communes.
Concernant la lutte contre l’incendie, les moyens suivants sont mobilisés :
- 2500 sapeurs-pompiers.
- 18 aéronefs.
- 1500 militaires en appui des sapeurs-pompiers et 1200 forces de sécurité intérieure
La DFCI (Défense des forêts contre l’incendie) est également en action pour réaliser des « coupes tactiques ». L’objectif est de réduire la masse de combustibles avec des opérations de débroussaillement et d’abattage.
Les moyens mobilisés par la DFCI sont les suivants : 105 engins forestiers, 55 têtes d’abattage, 15 bulldozers, 30 porteurs de bois pour évacuer le bois en bordure de route, et plus de 20 débroussailleurs pour enlever les restes d’arbres. Ces opérations permettent de créer de l’espace le long des routes afin de faciliter le travail des sapeurs-pompiers et d’assurer leur sécurité.
Aucune victime parmi la population n’est à déplorer. Mais 84 sapeurs-pompiers ont été blessés depuis le début de l’incendie.
On dénombre toujours 240 habitations détruites. La circulation est fortement perturbée dans les zones touchées par les incendies. L’autoroute A63 reste coupée partiellement.
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Le feu en Gironde vu par le satellite Sentinel-2B. Extrait d’une image acquise le 26 juillet 2026
à 10h56 UTC. Composition colorée utilisant le canal proche infrarouge mettant en évidence
les zones brûlées. Crédit image : Copernicus / Union européenne
Changement d’échelle
En France, les surfaces brûlées en 2026 ont déjà dépassé le triste record de l'ensemble de l’année 2022.
Devons-nous nous habituer à voir désormais des feux brûler 1000, 2000, 5000 hectares voire 50000 hectares comme dans le Var, la Drôme, à Fontainebleau, dans les Landes ou en Gironde ?
Quand le système européen d'information sur les feux de forêts (EFFIS) a été mis en place en 2006 et quand j'ai commencé à travailler sur les feux de forêt et le rôle des satellites d'observation, un incendie de plusieurs centaines d’hectares en France était considéré comme très important. Le total annuel des surfaces brûlées dépassait rarement quelques milliers d'hectares.
Ce chiffre est maintenant la référence pour un seul grand feu. Tout comme la destruction d'habitations qui était jusqu'à présent une exception en France.
Il faut évidemment saluer le travail des pompiers professionnels ou volontaires : ils sont de plus en plus sollicités, avec des moyens qui ne sont pas toujours à la hauteur, et ils paient un lourd tribut. Certains d’entre eux y laissent la vie. Des dizaines sont blessés en opération face à des feux qui dépassent tout ce qu'ils connaissent.
Ce changement d'échelle, déjà constaté en 2022, va-t-il devenir la nouvelle norme ?
Il ne s’agit pas seulement d’une augmentation des surfaces brûlées mais aussi d’un allongement de la saison des feux avec une extension géographique nouvelle, avec des incendies dans des régions relativement épargnées jusqu'à présent.
Ce n'est pas une surprise : ces évolutions sont décrites dans les scénarios de changement climatique et décrites dans la Trajectoire de Réchauffement pour l'Adaptation au Changement Climatique (TRACC), un document de référence pour le 3ème Plan national d’adaptation au changement climatique français.
A court terme, malgré la mise en place de nouveaux outils (comme la première utilisation d'un A400M pour larguer du retardant près de Lacanau), ce changement d'échelle impose une réflexion sur les moyens voire sur la doctrine de lutte contre le feu.
Comment doivent évoluer les moyens de lutte contre les incendies, humains et matériels ? Peuvent-ils rester globalement stables quand le niveau de risque est multiplié par 10, 50 ou 100 ?
Est-ce que les mécanismes de solidarité européenne et la mutualisation de moyens continueront à être un élément de la solution, si le risque se généralise ?
Quel sera l'impact sur les assurances et leur coût ?
Enfin, alors que la majorité des feux ont une cause humaine, comment améliorer la culture de la prévention et de la précaution : jeter un mégot de cigarette reste malheureusement un geste courant, même dans les zones à risques.
En savoir plus :
- Un article sur les incendies du mois de juillet en France et en Espagne.
- Un article sur les incendies de 2022 en Gironde.
- Un article du blog Un autre regard sur la Terre sur l’incendie du Fontainebleau.
- Les autres articles sur les feux de forêt et sur le rôle des satellites d’observation en cas de catastrophe ou de crise majeure.