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Un autre regard sur la Terre

Espace, satellites, observation de la Terre, fusées et lancements, astronomie, sciences et techniques, etc. A l 'école ou ailleurs, des images pour éveiller votre curiosité...

Ana, Bruno, Carmen et Eleanor : mais où est passée la tempête David ?

Publié le 9 Janvier 2018 par Gédéon in Quizz-du-mois, Météorologie, Image-d'actualité-Images-de-la-semaine

 

Ana - tempête - Winter storm - neige - snow - MODIS - Terra - 11 décembre 2017 - UK - Stockton-on-tees - Hartlepool - NASA - quiz décembre

Le 11 décembre 2017, après le passage de la tempête Ana, les premières neiges dans le comté de
Durham (Royaume-Uni). Extrait d’une image acquise par l’instrument MODIS du satellite Terra. Combinaison colorée des canaux 7, 2 et 1. Crédit image : NASA / GSFC / Modis Rapid Response

 

Le quiz du mois de décembre : premières neiges en plaine après le passage de la tempête Ana au Royaume-Uni

Avant Eleanor, Carmen, Bruno, il y a eu la tempête Ana. C’était le 11 décembre 2017. Ce jour-là j’avais eu la bonne idée d’aller en avion de Toulouse à Düsseldorf avec une correspondance à Nantes. Atterrissage sportif à Nantes mais finalement pas trop de retard.

En Grande-Bretagne, Ana a beaucoup perturbé les transports. Le Royaume-Uni a connu ses plus importantes chutes de neige depuis les hivers 2013 et 2010.

L’idée du quiz du mois de décembre m’est venue en jetant, par curiosité, un œil sur les images MODIS acquises le jour-même. L’ombre portée des nuages, très spectaculaire, et les motifs formés au sol par les chutes de neige au nord-est de l’Angleterre ont attiré mon attention.

 

Ana - tempête - Winter storm - neige - snow - MODIS - Terra - 11 décembre 2017 - UK - Stockton-on-tees - Hartlepool - NASA - quiz décembre

Un autre extrait d’une image acquise par l’instrument MODIS du satellite Terra au moment du passage de la tempête Ana. Combinaison colorée des canaux 7, 2 et 1. Le trait de côte est ajouté à l'image pour
aider à se repérer. Crédit image : NASA / GSFC / Modis Rapid Response

 

Du signal dans la neige

Coup de chance : le satellite européen Sentinel-2A a également acquis une image de la zone couvrant notamment les villes de Stockton-on-Tees et Hartlepool au niveau de l’embouchure de la rivière Tees. Avec une résolution plus élevée que celle de MODIS, l’image du satellite Sentinel-2 montre également les limites de la chute de neige et l’assombrissement causé par l’ombre des nuages causés par le passage de la dépression Ana

 

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Stockton-on-Tees et Hartlepool sous la neige après le passage de la tempête Ana.
Extrait d’une image acquise par l’instrument MSI du satellite européen Sentinel 2
le 11 décembre 2017 à 11h25 UTC. Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne

 

Hello David ?

Après Ana, Bruno, Carmen et maintenant Eleanor, trois filles et un seul garçon dans le vent. Pourquoi n’avons-nous pas eu droit à la tempête hivernale David ?

En décembre 2017, pour la première fois, Météo France et les agences météorologiques espagnoles et portugaises ont défini ensemble une liste de prénoms destinée à baptiser les tempêtes hivernales de la saison 2017-2018 qui affecteraient la France, l’Espagne et le Portugal. Comme pour les cyclones tropicaux, le souci de la parité a abouti à une alternance stricte des prénoms féminins et masculins

Si vous suivez l’actualité, vous avez certainement noté qu’Eleanor a suivi Carmen…

Où est donc passé David ?  En bien, il n’est pas encore arrivé… Ou plutôt il a été doublé par Dylan qui a suivi Carmen et précédé Eleanor.

 

Baptiser les tempêtes : comment choisir des prénoms dans le vent ? L’avis de Brian

Une liste unique serait trop simple ! Il y a en fait au moins trois listes principales :

  • Depuis décembre 2017, les noms définis par les services météo français, espagnols (AEMET pour Agencia Estatal de Meteorología) et portugais (IPMA pour Instituto Português do Mar e da Atmosfera). Pour la saison hivernale 20172018 : Ana, Bruno, Carmen, David, Emma, Felix, Gisele, Irène, José, Katia, Léo, Marina, Nuno, Olivia, Pierre, Rosa, Samuel, Telma, Vasco, Wiam. J’espère que le printemps reviendra avant Wiam… Les lettres plus rares comme Q, U, X, Y et Z ne sont pas utilisées.
  • La liste du UK Met office (UK MO) et de son homologue irlandais (Met Eireann), testée depuis la saison 20152016. Pour la saison en cours : Aileen, Brian, Caroline, Dylan, Eleanor, Fionn, Georgina, Hector, Iona, James, Karen, Larry, Maeve, Niall, Octavia, Paul, Rebecca, Simon, Tali, Victor, Winifred.
  • Et la plus ancienne, depuis 1954, celle de l’institut météorologique, l’université libre de Berlin… C’est l’étudiante Karla Wege qui a proposé l’idée d’une nomenclature des dépressions mais aussi des  pour faciliter la lecture des cartes météorologiques. Avec dans l’ordre pour la saison en cours, Yves, Ingmar, Edilbert, Horst, Burglind, etc. Petite curiosité : la parité est assurée année après année : une année avec les prénoms féminins, la suivante avec les masculins.

Les services scandinaves ont également leur propre liste.

Ana, alias Aileen or encore Yves… Il est paradoxal qu’un système de noms de baptême destiné notamment à faciliter la communication et la diffusion des alertes après du public amène finalement un peu de confusion avec des tempêtes qui peuvent être connues sous deux ou trois noms différents en fonction des pays et du stade de leur trajectoire.

Pour compliquer encore un peu plus, on trouve étonnamment des prénoms comme José et Katia déjà utilisés pour la saison des cyclones tropicaux. D’ailleurs, les résidus de tempêtes ou cyclones tropicaux provenant de l’atlantique garderont le nom attribué par le National Hurricane Center (NHC). Ce fut le cas pour Ophelia au mois d'octobre 2017.

 

Premier arrivé, premier servi…

En pratique, quand une tempête touche d’abord l’Irlande ou le Royaume Uni, elle hérite du prénom proposé sur la liste « anglo-saxonne », afin d’éviter qu’un même phénomène météo soit connu sur deux noms.

C’est la raison pour laquelle les noms de baptême des tempêtes qui se sont succédées depuis le début du mois de décembre sont un « mix » entre la liste de la perfide Albion et celle des mangeurs de grenouilles météorologistes. C’est la raison pour laquelle le prénom Eleanor, issu de la liste de l’UKMO et du Met Eirann, a été attribué à la dernière tempête : Avant de durement frapper la France (six morts et deux disparus à ce jour) entre le 2 et le 3 janvier 2017, Eleanor, nommée par le Met Eirann irlandais, avait traversé l’Irlande et le Royaume-Uni. Eleanor passait quelques jours après « Dylan », baptisé par le UK Met Office, qui s’était invité à la soirée de réveillon de fin d’année.

 

Felix the cata

Les prénoms David et Emma sont donc toujours à prendre… Attendons de voir si Météo France les choisira pour une prochaine tempête ou préférera passer directement à Felix.

Comme en politique, l’idée d’une liste commune, partagée par l’ensemble des pays européens, fait son chemin mais la route et longue, voire pentue quand il s’agit d’épisodes de neige. Une première étape associant au sein d’EUMETNET la France, l’Espagne, le Portugal, le Royaume-Uni et l’Irlande devrait se traduire par une liste commune pour la saison 2018-2019.

 

Ana - tempête - Winter storm - neige - snow - Sentinel-2 - satellite - Copernicus - 11 décembre 2017 - UK - Stockton-on-tees - Hartlepool - ESA - European Commission - quiz décembre - météorologie - vent violent - observation de la Terre - Earth observation

Extrait de l’image du satellite européen Sentinel 2 centré sur Stockton-on-Tees et Hartlepool.
Image acquise le 11 décembre 2017 à 11h25 UTC.
Crédit image : ESA / Copernicus / Commission européenne

 

L’image du quiz : Stockton-on-Tees et Hartlepool

J’allais oublier le dernier quiz : quelques mots sur ce que montre l’image du satellite Sentinel-2 qui servait de support au quiz du mois de décembre… Personne n’a trouvé la bonne réponse.

L’image est approximativement centrée sur la position à 54°34’N en latitude et 1°19’W en longitude, sur la côte est de l’Angleterre, au niveau de l’embouchure du fleuve Tees.

On voit notamment les deux villes Stockton-on-Tees et Hartlepool avec leurs installations industrielles et chimiques.

Pour la petite histoire, Stockton était au début du 19ème siècle le terminus de la première ligne de chemin de fer utilisant des locomotives à vapeur. C’est également à Stockton que John Walker inventa à peu près à la même époque l’allumette à friction.

 

The monkey hangers

Hartlepool est la ville des pendeurs de singes : selon une légende locale, pendant les guerres de l'époque napoléonienne, un navire français fit naufrage sur la côte. Avec un seul survivant : un singe  portant un uniforme français. La population le condamna à mort pour espionnage et il fût pendu. C’est ce que dit la légende…

Plus sérieusement, si vous aimez les contrastes, vous localiserez peut-être la centrale nucléaire de Hartlepool, mise en service en 1983 et désormais opérée par EDF Energy, juste à côté de la Teesmouth National Nature Reserve.

En mer, avec un peu d’attention, on peut repérer un réseau de points clairs qui n’apparaît que très partiellement sur Google Earth (ce n'est pas Google Sea !) : il s’agit du parc d’éoliennes Teesside Wind Farm. On peut facilement compter les 27 turbines. Elle ont certainement bien tourné le 11 décembre...

Sans atteindre la résolution d’une image Pléiades, l’image de Sentinel-2 illustre ce qu’il est possible de voir et d’analyser sur des zones urbaines ou des sites industriels. Je vous laisse imaginer la diversité des utilisations qu'il est possible d'en faire.

 

En savoir plus :

 

 

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